Belles citations et poèmes de Marguerite Yourcenar sur la mort

Citations de Marguerite Yourcenar sur la mort : les plus belles, les plus inspirantes, les plus profondes. Voici notre sélection de citations et poèmes de cet auteur sur le dernier grand voyage.

Marguerite Yourcenar, première femme élue à l’Académie française en 1980, est une figure majeure de la littérature du XXe siècle. Son œuvre, marquée par une profondeur philosophique et une élégance stylistique, aborde souvent le thème de la mort avec une sérénité et une lucidité rares.

Dans ses romans, essais et poèmes, Yourcenar explore la finitude humaine comme une étape naturelle, presque apaisante, du cycle de la vie. Son recueil Sept poèmes pour une morte, écrit en hommage à une amie disparue, illustre cette quête de sens face à l’absence et à l’éternité.

Pour Yourcenar, la mort n’est ni une fin brutale ni une rupture, mais une transition vers une autre forme d’existence, une idée qu’elle développe avec une poésie sobre et puissante. Ses écrits sur la mort invitent à la méditation, mêlant mélancolie et espérance, et offrent une vision à la fois intime et universelle de ce mystère ultime.

Voici notre sélection de citations et poèmes de Marguerite Yourcenar sur la mort.

Petite âme, âme tendre et flottante, compagne de mon corps, qui fut ton hôte, tu vas descendre dans ces lieux pâles, durs et nus, où tu devras renoncer aux jeux d’autrefois. Un instant encore, regardons ensemble les rives familières, les objets que sans doute nous ne reverrons plus … Tâchons d’entrer dans la mort les yeux ouverts …
Mémoires d’Hadrien

Je vais mourir, fit-il péniblement. Je ne me plains pas d’un sort que je partage avec les fleurs, avec les insectes, avec les astres. Dans un univers où tout passe comme un songe, on s’en voudrait de durer toujours. Je ne me plains pas que les choses, les êtres, les cœurs soient périssables, puisqu’une part de leur beauté est faite de ce malheur. Ce qui m’afflige, c’est qu’ils soient uniques.
Le dernier amour du prince Genghi (Nouvelles orientales)

Ce matin l’idée m’est venue pour la première fois que mon corps, ce fidèle compagnon, cet ami plus sûr, mieux connu de moi que mon âme, n’est qu’un monstre sournois qui finira par dévorer son maître. Paix… J’aime mon corps; il m’a bien servi.
Mémoires d’Hadrien

La mémoire de la plupart des hommes est un cimetière abandonné, où gisent sans honneurs des morts qu’ils ont cessé de chérir. Toute douleur prolongée insulte à leur oubli.
Mémoires d’Hadrien

Personne ne sait encore si tout ne vit que pour mourir ou ne meurt que pour renaître.
Anna, soror…

 Si quelques siècles venaient par miracle s’ajouter au peu de jours qui me restent, je referais les mêmes choses, et jusqu’aux mêmes erreurs, je fréquenterais les mêmes Olympes et les mêmes Enfers. Une pareille constatation est un excellent argument en faveur de l’utilité de la mort, mais elle m’inspire en même temps des doutes quant à sa totale efficacité.
Mémoires d’Hadrien

C’est un fait que les morts les plus chers, au bout de quelques mois, seraient, s’ils revenaient, des intrus dans l’existence des vivants.

Je ne me tuerai pas, on oublie si vite les morts.
Mémoires d’Hadrien

Qui serait assez insensé pour mourir sans avoir fait au moins le tour de sa prison ?
L’Oeuvre au noir

Je n’ai su qu’hésiter
Je n’ai su qu’hésiter ; il fallait accourir ;
Il fallait appeler ; je n’ai su que me taire.
J’ai suivi trop longtemps mon chemin solitaire ;
Je n’avais pas prévu que vous alliez mourir.
Je n’avais pas prévu que je verrais tarir
La source où l’on se lave et l’on se désaltère ;
Je n’avais pas compris qu’il existe sur terre
Des fruits amers et doux que la mort doit mûrir.
L’amour n’est plus qu’un nom ; l’être n’est plus qu’un nombre ;
Sur la route au soleil j’avais cherché votre ombre ;
Je heurte mes regrets aux angles d’un tombeau.
La mort moins hésitante a mieux su vous atteindre.
Si vous pensez à nous votre cœur doit nous plaindre.
Et l’on se croit aveugle à la mort d’un flambeau.

Vous ne saurez jamais
Vous ne saurez jamais que votre âme voyage
Comme au fond de mon cœur un doux cœur adopté ;
Et que rien, ni le temps, d’autres amours, ni l’âge,
N’empêcheront jamais que vous ayez été.
Que la beauté du monde a pris votre visage,
Vit de votre douceur, luit de votre clarté,
Et que ce lac pensif au fond du paysage
Me redit seulement votre sérénité.
Vous ne saurez jamais que j’emporte votre âme
Comme une lampe d’or qui m’éclaire en marchant ;
Qu’un peu de votre voix a passé dans mon chant.
Doux flambeau, vos rayons, doux brasier, votre flamme,
M’instruisent des sentiers que vous avez suivis,
Et vous vivez un peu puisque je vous survis.

Ceux qui nous attendaient
Ceux qui nous attendaient, se sont lassés d’attendre,
Et sont morts sans savoir que nous allions venir,
Ont refermé leurs bras qu’ils ne peuvent plus tendre,
Nous léguant un remords au lieu d’un souvenir.
Les prières, les fleurs, le geste le plus tendre,
Sont des présents tardifs que rien ne peut bénir ;
Les vivants par les morts ne se font pas entendre ;
La mort, quand vient la mort, nous joint sans nous unir.
Nous ne connaîtrons pas la douceur de leurs tombes.
Nos cris, lancés trop tard, se fatiguent, retombent,
Pénètrent sans écho la sourde éternité ;
Et les morts dédaigneux, ou forcés de se taire,
Ne nous écoutent pas, au seuil noir du mystère,
Pleurer sur un amour qui n’a jamais été.

Voir aussi cette liste de citations sur les épreuves de la vie

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